Catégorie : Jardinage

Conseils pour entretenir et embellir votre jardin

  • Quand et comment tailler un figuier pour une belle récolte

    Votre figuier pousse dans tous les sens, produit des fruits minuscules, ou commence à envahir le jardin du voisin ? C’est normal. Un figuier non taillé fait ce qu’il veut. Et ce qu’il veut, c’est devenir énorme.

    La bonne nouvelle : tailler un figuier n’a rien de compliqué. Quelques coupes bien placées au bon moment suffisent à le garder productif, compact et en bonne santé. Encore faut-il savoir quand intervenir, comment couper, et surtout ce qu’il ne faut jamais faire.

    Quand tailler un figuier ?

    Le timing est crucial. Taillez trop tôt, le gel détruit les plaies. Taillez trop tard, vous coupez les bourgeons qui portent les fruits.

    La fenêtre idéale : fin février à début mars, quand les dernières gelées s’éloignent mais que la végétation n’a pas encore redémarré. Vous repérez ce moment facilement — les bourgeons gonflent sans être encore ouverts.

    En climat méditerranéen, vous pouvez commencer dès mi-février. Dans le nord de la France, attendez plutôt mi-mars. Fiez-vous à votre météo locale, pas au calendrier.

    Période Action Pourquoi
    Fin février – début mars Taille principale Avant le débourrement, risque de gel passé
    Juin Pincement des jeunes pousses Favorise la ramification et la fructification
    Après récolte (septembre) Nettoyage léger Retirer bois mort et branches cassées
    Novembre – janvier Ne rien faire L’arbre est dormant, les coupes gèlent mal

    Unifère ou bifère : la distinction qui change tout

    Avant de sortir le sécateur, identifiez votre figuier. C’est la base.

    Figuier unifère

    Il produit une seule récolte par an, en fin d’été (août-septembre). Les fruits se forment sur le bois de l’année. C’est le type le plus courant dans le nord de la France. Variétés classiques : ‘Violette de Solliès’, ‘Brown Turkey’.

    Pour l’unifère, vous pouvez tailler plus sévèrement. Le nouveau bois qui repoussera au printemps portera les fruits de l’été suivant.

    Figuier bifère

    Il fructifie deux fois : les figues-fleurs en juin-juillet (sur le bois de l’année précédente) et la récolte principale en septembre (sur le bois de l’année). Variétés typiques : ‘Dauphine’, ‘Goutte d’Or’.

    Attention. Si vous taillez trop court un bifère, vous supprimez les figues-fleurs. Il faut conserver une partie du bois de l’année précédente — les petites figues embryonnaires sont déjà visibles à l’extrémité des rameaux en hiver, comme de minuscules billes vertes.

    Les outils indispensables

    Pas besoin d’un arsenal. Voici le strict nécessaire :

    • Sécateur à lame franche — pour les branches jusqu’à 2 cm de diamètre
    • Ébrancheur (coupe-branches) — pour les branches de 2 à 5 cm
    • Scie d’élagage — pour tout ce qui dépasse 5 cm
    • Gants épais et manches longues — obligatoires (on en reparle juste après)
    • Alcool à 70° ou eau de Javel diluée — pour désinfecter les lames entre chaque arbre

    Danger : la sève du figuier brûle la peau

    Ce n’est pas une précaution de principe. La sève blanche (latex) du figuier contient des furocoumarines. Au contact de la peau et du soleil, elles provoquent des brûlures chimiques parfois sévères : rougeurs, cloques, marques brunes qui persistent des semaines.

    Portez des gants. Toujours. Portez des manches longues. Même s’il fait chaud. Et si vous recevez de la sève sur la peau, rincez immédiatement à grande eau sans frotter.

    Taillez de préférence par temps couvert ou en fin de journée pour limiter le risque d’activation par les UV.

    Taille de formation : les 3 premières années

    Vous venez de planter un jeune figuier ? Il faut lui donner sa forme dès le départ. La forme en gobelet est la plus adaptée : elle aère le centre de l’arbre et facilite la cueillette.

    Année 1

    Coupez le scion (tige principale) à 50-60 cm du sol, juste au-dessus de 3 à 5 yeux bien répartis autour du tronc. Ces yeux deviendront les charpentières.

    Année 2

    Sélectionnez 3 à 4 branches bien espacées qui forment le gobelet. Raccourcissez-les d’un tiers. Supprimez les autres.

    Année 3

    Rééquilibrez la ramure. Supprimez les branches qui poussent vers l’intérieur ou qui se croisent. L’objectif : une silhouette ouverte, aérée, avec de la lumière au centre.

    Taille d’entretien : chaque année

    Une fois la charpente en place, la taille annuelle est simple. En 20 minutes, c’est plié.

    1. Retirez le bois mort — il se reconnaît à son aspect gris, sec, sans bourgeons
    2. Supprimez les branches qui se croisent — elles frottent, blessent l’écorce, et favorisent les maladies
    3. Éliminez les gourmands — ces pousses verticales et vigoureuses qui partent du tronc ou des charpentières sans porter de fruits
    4. Raccourcissez les branches trop longues — coupez au-dessus d’un bourgeon tourné vers l’extérieur, en biais
    5. Aérez le centre — la lumière doit pénétrer au cœur de la ramure pour que les fruits mûrissent

    Pour un figuier bifère, conservez les extrémités des rameaux d’un an qui portent les embryons de figues-fleurs.

    Le pincement en été : un geste bonus

    En juin, quand les jeunes pousses atteignent 20-30 cm et portent 5 à 6 feuilles, pincez leur extrémité (coupez les 2-3 dernières feuilles avec les doigts ou le sécateur). Ça force l’arbre à ramifier. Plus de rameaux courts = plus de fruits l’année suivante.

    Ce geste est particulièrement efficace sur les figuiers unifères. C’est rapide, ça ne demande pas d’outil spécial, et le résultat est spectaculaire sur la récolte suivante.

    Les erreurs qui ruinent votre figuier

    Certaines erreurs reviennent sans cesse. Les voici, pour que vous ne les fassiez pas.

    • Tailler en plein hiver — les plaies gèlent, la cicatrisation est impossible, les champignons s’installent
    • Couper toutes les extrémités d’un bifère — vous supprimez la récolte de figues-fleurs
    • Rabattre trop sévèrement d’un coup — l’arbre réagit en produisant des dizaines de gourmands vigoureux et stériles. Étalez les tailles drastiques sur 2-3 ans
    • Oublier de désinfecter les outils — vous propagez les maladies d’un arbre à l’autre
    • Appliquer du mastic cicatrisant — inutile voire néfaste. Le figuier cicatrise très bien seul. Le mastic peut piéger l’humidité et favoriser la pourriture

    Si vous envisagez de cultiver un figuier en espace réduit, découvrez notre guide complet pour cultiver un figuier en pot — la taille y est encore plus importante pour maintenir un volume gérable.

    FAQ

    Peut-on tailler un figuier en été ?

    Oui, mais uniquement un pincement léger des jeunes pousses en juin. Évitez toute taille sévère entre avril et septembre : la sève circule activement, les plaies cicatrisent mal et l’arbre perd beaucoup d’énergie.

    Mon figuier est devenu énorme, puis-je le rabattre drastiquement ?

    Oui, mais étalez l’opération sur 2 à 3 ans. Rabattez un tiers de la ramure chaque fin d’hiver. Une taille trop radicale en une seule fois provoque une explosion de gourmands stériles et stresse l’arbre dangereusement.

    Faut-il mettre du mastic sur les coupes ?

    Non. Les études montrent que le mastic cicatrisant n’accélère pas la guérison et peut même emprisonner l’humidité, favorisant le développement de champignons. Laissez les plaies sécher à l’air libre.

    Comment savoir si mon figuier est unifère ou bifère ?

    Observez-le pendant une saison complète. S’il produit des fruits en juin-juillet ET en septembre, il est bifère. S’il ne fructifie qu’une fois en fin d’été, il est unifère. En hiver, les petites figues embryonnaires aux extrémités des rameaux d’un figuier bifère sont un indice supplémentaire.

    Retrouvez tous nos conseils de jardinage et parcourez nos derniers articles sur le blog.

  • Figuier au jardin : ce qu’on ne vous dit pas avant de le planter

    Le figuier fait rêver. Ses grandes feuilles découpées, ses fruits sucrés cueillis tièdes au soleil… On imagine déjà les confitures maison et les apéros d’été. Mais avant de foncer en jardinerie, il y a des choses qu’on ne vous dit jamais. Des choses que vous découvrirez trop tard si personne ne vous prévient.

    Cet arbre méditerranéen cache un tempérament envahissant. Ses racines détruisent, sa sève brûle, et ses fruits pourrissent au sol si vous ne les ramassez pas chaque jour. Ce n’est pas un arbre méchant — c’est un arbre puissant. Et la puissance, ça se gère.

    Voici les inconvénients du figuier qu’on oublie systématiquement de mentionner, et surtout les solutions concrètes pour chacun d’entre eux.

    Des racines qui cassent tout sur leur passage

    C’est le problème numéro un. Le figuier possède un système racinaire traçant, agressif, capable de s’étendre sur 10 à 15 mètres autour du tronc. Ces racines ne plongent pas en profondeur : elles filent à l’horizontale, juste sous la surface.

    Résultat ? Elles soulèvent les terrasses. Fissurent les fondations. Percent les canalisations en PVC. Déforment les murets.

    Un voisin jardinier m’a raconté avoir dû refaire entièrement sa terrasse trois ans après avoir planté un figuier à quatre mètres de sa maison. Coût : 2 800 €. Et ce n’est pas un cas isolé.

    Type de dégât Coût moyen de réparation Fréquence
    Fissures de fondation 1 500 – 3 000 € Courant sous 5 m
    Terrasse soulevée 800 – 2 500 € Très courant sous 6 m
    Canalisation percée 500 – 1 500 € Fréquent (PVC surtout)
    Muret fissuré / déformé 300 – 1 200 € Courant sous 4 m

    Les distances de sécurité à respecter

    Plantez votre figuier à minimum 8 mètres de toute construction, canalisation ou mur de clôture. Dix mètres, c’est mieux. En dessous, vous prenez un risque réel.

    Si votre jardin est petit, installez une barrière anti-racines (en polyéthylène haute densité, 70 cm de profondeur minimum) autour de la zone de plantation. Elle ne bloque pas tout éternellement, mais elle vous offre 15 à 20 ans de tranquillité.

    Une sève qui brûle la peau

    On en parle peu. La sève blanche du figuier contient des furocoumarines, des composés phototoxiques. Concrètement : si vous taillez votre figuier un jour de soleil et que cette sève touche votre peau, vous risquez des brûlures. Pas des irritations légères. De vraies brûlures, avec cloques, qui laissent des marques pendant des semaines.

    Le phénomène s’appelle phytophotodermatite. Il suffit d’un contact avec la sève suivi d’une exposition aux UV. Les enfants sont particulièrement vulnérables.

    Comment s’en protéger

    • Portez toujours des gants et des manches longues pour tailler
    • Taillez en fin de journée ou par temps couvert
    • Rincez immédiatement toute zone de peau touchée par la sève
    • Prévenez vos enfants : on ne casse pas les branches d’un figuier à mains nues

    Un arbre qui prend énormément de place

    Le figuier n’est pas un petit arbre d’ornement. À maturité, il occupe facilement 30 à 40 m² au sol. Sa couronne s’étale, ses branches poussent dans toutes les directions. En cinq ans, un jeune plant de 80 cm atteint déjà 3 mètres de haut et commence à déborder partout.

    Dans un jardin de 200 m², il monopolise vite un cinquième de l’espace. Et tout ce qui pousse en dessous est condamné. Son ombre dense, combinée à la compétition racinaire, élimine quasiment toute végétation concurrente dans un rayon de plusieurs mètres.

    La solution : tailler régulièrement

    Un figuier non taillé devient incontrôlable. La taille annuelle du figuier est indispensable pour contenir son développement. En gobelet, en espalier contre un mur, ou simplement en réduisant sa ramure chaque fin d’hiver, vous pouvez le maintenir dans un volume raisonnable.

    Autre option : choisir une variété compacte comme la ‘Petite Negri’ ou la ‘Ice Crystal’, qui ne dépassent pas 2,5 mètres.

    Les fruits tombés : un cauchemar à gérer

    Un figuier adulte produit entre 20 et 100 kg de figues par an. Vous n’allez pas tout manger. Ni tout transformer en confiture. Et les figues que vous ne ramassez pas tombent au sol, éclatent, fermentent.

    En trois jours sans ramassage, vous avez une bouillie violacée au pied de l’arbre qui attire les guêpes, les frelons, les mouches. L’odeur de fermentation est tenace. Sur une terrasse ou une allée, les taches de figues écrasées sont quasi impossibles à nettoyer.

    Limiter les dégâts

    • Installez un filet de récupération sous l’arbre pendant la saison de fructification
    • Ramassez les fruits tombés tous les jours en pleine saison
    • Offrez vos surplus aux voisins, faites sécher les figues, ou compostez-les
    • Taillez pour réduire la production si elle est trop abondante

    La compétition avec les autres plantes

    Le figuier est un compétiteur féroce. Ses racines superficielles aspirent l’eau et les nutriments sur une large zone. Ses feuilles larges créent une ombre épaisse. Résultat : rien ne pousse correctement à proximité.

    Le gazon jaunit. Les vivaces dépérissent. Les arbustes voisins stagnent. Même les plantes méditerranéennes robustes peinent à cohabiter dans un rayon de 3 à 4 mètres.

    Si vous tenez à avoir un massif à proximité, misez sur des plantes d’ombre sèche : pervenche, lierre, cyclamen de Naples. Elles survivront. Pas grand-chose d’autre.

    Alors, faut-il renoncer au figuier ?

    Non. Absolument pas. Le figuier reste l’un des plus beaux arbres fruitiers qu’on puisse avoir dans un jardin. Ses fruits sont incomparables. Son feuillage est magnifique. Sa résistance à la sécheresse est un atout énorme face au changement climatique.

    Mais il faut le planter en connaissance de cause. Loin des constructions, avec une barrière anti-racines si nécessaire, en prévoyant de le tailler chaque année, et en acceptant qu’il prendra de la place. Beaucoup de place.

    Ceux qui plantent un figuier sans y réfléchir le regrettent. Ceux qui le plantent en sachant ce qui les attend l’adorent pendant des décennies.

    FAQ

    Le figuier peut-il endommager une maison ?

    Oui. Ses racines traçantes peuvent fissurer des fondations, soulever des dallages et percer des canalisations si l’arbre est planté trop près. Respectez une distance minimale de 8 mètres, idéalement 10 mètres, entre le tronc et toute construction.

    La sève du figuier est-elle dangereuse ?

    Elle contient des furocoumarines qui provoquent des brûlures cutanées en présence de soleil (phytophotodermatite). Portez des gants et des vêtements couvrants quand vous taillez, et rincez immédiatement tout contact avec la peau.

    Peut-on planter un figuier dans un petit jardin ?

    C’est possible mais délicat. Choisissez une variété naine (‘Petite Negri’, ‘Ice Crystal’), posez une barrière anti-racines et taillez rigoureusement chaque année. Un figuier en pot sur une terrasse reste l’option la plus sûre pour les espaces réduits.

    Comment empêcher les racines d’un figuier de tout envahir ?

    Installez une barrière anti-rhizomes en polyéthylène haute densité (PEHD) sur au moins 70 cm de profondeur autour de la zone de plantation. Vérifiez-la tous les 5 ans. C’est la seule méthode vraiment efficace pour les jardins contraints.

    Découvrez d’autres conseils pour votre jardin dans notre rubrique Jardinage, ou explorez tous nos articles sur le blog.

  • Cultiver un figuier en pot sans se planter

    Le figuier fait rêver. Ses grandes feuilles découpées, ses fruits gorgés de sucre, cette allure méditerranéenne… Bonne nouvelle : même sans jardin, un figuier se cultive très bien en pot sur un balcon ou une terrasse. Encore faut-il éviter les pièges classiques qui transforment cette belle promesse en arbre rachitique qui ne donne jamais de figues.

    Un figuier en pot bien conduit produit ses premières figues dès la deuxième année. Mal conduit, il végète pendant des saisons entières. La différence tient à cinq paramètres : la variété, le contenant, le substrat, l’arrosage et l’hivernage. On détaille tout.

    Points clés

    • Choisir une variété autofertile et à petit développement (Rouge de Bordeaux, Goutte d’Or, Dalmatie)
    • Pot de 50 cm minimum en terre cuite, avec drainage au fond
    • Arrosage régulier mais jamais de terre détrempée — le figuier déteste les pieds dans l’eau
    • Taille en fin d’hiver, gants obligatoires (la sève brûle la peau)
    • Lecture : ~8 min

    Quelle variété de figuier choisir pour la culture en pot ?

    Tous les figuiers ne se valent pas en pot. Un figuier de pleine terre peut atteindre 8 à 10 mètres — en pot, c’est ingérable. Il faut une variété autofertile (pas besoin de pollinisation croisée) et à développement limité, idéalement sous 3 mètres.

    Trois variétés sortent du lot pour la culture en conteneur :

    Variété Hauteur adulte en pot Type de récolte Rusticité
    Rouge de Bordeaux 2 à 2,5 m Unifère (1 récolte, août-sept) -15 °C
    Goutte d’Or (Dorée) 2 à 2,5 m Bifère (2 récoltes, juin + sept) -12 °C
    Dalmatie 1,5 à 2 m Bifère -10 °C
    Chicago Hardy 2 à 3 m Unifère -20 °C
    Negronne (Violette de Bordeaux) 2 à 2,5 m Unifère -15 °C

    La différence entre unifère et bifère est simple. Un figuier unifère donne une seule récolte par an, à la fin de l’été. Un bifère en donne deux : les figues-fleurs en juin-juillet (sur le bois de l’année précédente) et les figues d’automne en septembre. En pot, les bifères sont intéressants car ils produisent plus tôt dans la saison.

    Pour les régions au nord de Lyon, privilégiez Chicago Hardy ou Rouge de Bordeaux. Leur rusticité encaisse les hivers froids sans broncher.

    Quel pot et quel substrat pour un figuier ?

    Le contenant fait la moitié du travail. Trop petit, le figuier étouffe. Trop grand d’emblée, il développe des racines au détriment des fruits.

    Le pot idéal

    Visez un pot de 50 cm de diamètre et de profondeur minimum pour un jeune plant. La terre cuite reste le meilleur choix : elle respire, régule l’humidité et stabilise l’arbre par son poids. Le plastique chauffe trop en été et retient l’eau en hiver.

    Percez le fond si ce n’est pas fait. Ajoutez 5 cm de billes d’argile ou de gravier avant le substrat — le figuier craint l’eau stagnante plus que le froid.

    Le substrat

    Mélangez à parts égales :

    • Un tiers de terreau universel de qualité
    • Un tiers de compost bien décomposé
    • Un tiers de sable grossier ou de perlite

    Ce mélange draine bien tout en retenant assez de nutriments. Évitez le terreau pur : il se compacte en quelques mois et asphyxie les racines.

    Où installer son figuier en pot ?

    Plein soleil. Le figuier a besoin d’au moins 6 heures d’ensoleillement direct par jour pour fructifier. Moins de soleil, pas de figues — c’est aussi simple que ça.

    L’emplacement idéal : contre un mur exposé sud ou sud-ouest. Le mur restitue la chaleur accumulée en journée et protège des vents froids. Sur un balcon exposé nord, un figuier survivra mais ne produira probablement jamais.

    Évitez les courants d’air permanents. Le figuier supporte la chaleur, le sec et même un oubli d’arrosage ponctuel. Mais le vent constant dessèche son feuillage et ralentit sa croissance.

    Arrosage : la cause n°1 d’échec

    En pot, l’évaporation est intense. Un figuier en pleine terre se débrouille quasi seul. En pot, vous êtes son unique source d’eau. Et c’est là que la plupart des jardiniers se plantent — dans les deux sens du terme.

    Du printemps à l’automne, arrosez dès que les 3 premiers centimètres de terre sont secs. En pleine canicule, ça peut signifier tous les jours. Mais jamais de soucoupe pleine d’eau sous le pot. L’excès d’eau provoque la pourriture racinaire, et un figuier aux racines pourries ne se récupère pas.

    En hiver, réduisez drastiquement. Le figuier perd ses feuilles et entre en dormance. Un arrosage léger une fois par mois suffit pour que la motte ne se dessèche pas complètement.

    À retenir : la terre doit rester fraîche, jamais détrempée. Enfoncez votre doigt dans le substrat avant d’arroser — c’est la méthode la plus fiable.

    Quand et comment tailler un figuier en pot

    La taille se fait fin février ou début mars, juste avant le redémarrage de la végétation. Portez des gants épais : la sève blanche du figuier (le latex) est irritante et peut provoquer des brûlures cutanées au soleil. Ce n’est pas une légende.

    Pour un figuier en pot, la taille vise trois objectifs :

    1. Limiter la taille. Rabattez les branches trop longues d’un tiers. Coupez toujours au-dessus d’un bourgeon tourné vers l’extérieur.
    2. Aérer le centre. Supprimez les branches qui se croisent ou poussent vers l’intérieur. La lumière doit pénétrer au cœur de l’arbre.
    3. Stimuler la fructification. Les figues poussent sur le bois de l’année (unifère) ou sur le vieux bois + bois neuf (bifère). Ne coupez pas tout le bois ancien sur un bifère, vous supprimez la récolte de juin.

    Ne taillez jamais en automne. Les plaies de taille cicatrisent mal par temps humide et froid, ouvrant la porte aux champignons.

    L’hivernage : protéger sans étouffer

    Le figuier est plus rustique qu’on ne le croit. La plupart des variétés cultivées encaissent -10 °C à -15 °C en pleine terre. Mais en pot, les racines sont exposées au gel sur tous les côtés — la motte gèle beaucoup plus vite qu’en pleine terre.

    Deux stratégies selon votre région :

    Climat doux (sud de la Loire) : laissez le pot dehors. Collez-le contre un mur au sud, enveloppez le pot (pas l’arbre) dans du voile d’hivernage ou du papier bulle. Paillez la surface de la terre avec 10 cm de feuilles mortes.

    Climat froid (nord, montagne) : rentrez le pot dans un local hors gel mais non chauffé. Garage, cave, abri de jardin — l’idéal est une température entre 0 et 8 °C. Le figuier a besoin de ce repos au froid pour bien fructifier l’année suivante. Un appartement chauffé à 20 °C est la pire option.

    Les 4 erreurs qui tuent un figuier en pot

    Après avoir échangé avec des dizaines de jardiniers sur les forums et constaté les mêmes problèmes récurrents, voici les erreurs qui reviennent systématiquement :

    1. Pot trop petit, jamais rempoté. Un figuier doit être rempoté tous les 2-3 ans dans un pot légèrement plus grand (5 cm de plus en diamètre). Sans rempotage, les racines tournent en rond et l’arbre dépérit.
    2. Arrosage à la soucoupe. Laisser de l’eau stagnante dans la soucoupe est le moyen le plus rapide de tuer un figuier. Videz-la systématiquement 30 minutes après l’arrosage.
    3. Hivernage en intérieur chauffé. Le figuier est caduc, il a besoin du froid hivernal. Le garder dans un salon chauffé dérègle son cycle et affaiblit l’arbre à long terme.
    4. Taille au mauvais moment. Tailler en automne ou en plein hiver expose les plaies au gel et aux maladies. Attendez fin février-début mars, point.

    Quand espérer les premières figues ?

    Un figuier acheté en conteneur de 2-3 ans peut donner ses premières figues dès la première ou deuxième année après le rempotage. Mais ne soyez pas impatient si rien ne vient la première saison. L’arbre investit d’abord dans ses racines pour s’établir dans son nouveau pot.

    Selon une étude de l’INRAE (Institut national de recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement), les figuiers cultivés en conteneur atteignent leur pleine production vers 4-5 ans, avec des rendements de 5 à 15 kg de fruits par arbre selon la variété et les conditions de culture.

    Vous cherchez d’autres idées pour végétaliser votre extérieur ? Découvrez nos guides jardinage pour aller plus loin.

    Questions fréquentes

    Peut-on cultiver un figuier en pot sur un balcon exposé est ?

    Oui, à condition que le balcon reçoive au moins 5-6 heures de soleil direct. L’exposition est donne du soleil le matin, ce qui convient au figuier. La production de fruits sera cependant moins abondante qu’en plein sud.

    Mon figuier en pot perd ses feuilles en été, que faire ?

    Une chute de feuilles en été signale presque toujours un stress hydrique. Vérifiez l’arrosage : la motte est probablement desséchée en profondeur. Trempez le pot dans une bassine d’eau pendant 30 minutes, puis reprenez un arrosage régulier.

    Faut-il rempoter un figuier chaque année ?

    Non. Tous les 2-3 ans suffit, dans un pot à peine plus grand. Si le rempotage n’est pas possible (pot trop lourd), renouvelez au moins les 5 premiers centimètres de substrat chaque printemps — c’est ce qu’on appelle le surfaçage.

    Le figuier en pot peut-il survivre à -10 °C ?

    Les parties aériennes oui, pour la plupart des variétés. Mais les racines en pot sont beaucoup plus vulnérables. Protégez le pot avec du voile d’hivernage et du paillage, ou rentrez-le dans un local hors gel si votre région descend régulièrement sous -10 °C.

    Le figuier en pot, c’est un pari gagnant si vous respectez ses besoins de base : du soleil, un bon drainage et un hiver au frais. Lancez-vous, et dans deux ans vous récolterez vos propres figues sur votre balcon. Pour explorer d’autres projets verts, retrouvez tous nos articles sur le blog.